L'odeur du foin coupé ce matin de septembre/ M'a rappelé l'enfance immense que j'avais,/ Quand, suçotant longtemps la menthe ou le gingembre/ Je craignais l'amertume aqueuse du navet. Ma vie n'était alors que saveurs et chansons/ Rêveuses remâchées dans ma future barbe./ Les dimanches avaient une odeur de chausson/ Aux pommes et l'ennui le goût de la rhubarbe. J'aimais les myosotis et je croyais en Dieu/ Car il était Celui qui colore et parfume./ Ayant pris fièrement Sa parole au sérieux/ Je pardonnais toujours, sans garder d'amertume.