Extrait
Le concept de genre : quels enjeux pour l'anthropologie fondamentale :
Michel BOYANCÉ
Doyen de l'IPC, Paris
Analyser ce que l'on nomme habituellement «les théories du gender» nécessite un véritable discernement, qui peut s'appuyer sur des arguments de foi comme sur l'exercice de la raison naturelle. On présente souvent les débats autour de cette notion comme un conflit entre la raison scientifique et la foi religieuse. Or, les chrétiens admettent l'usage de la raison, la connaissance rationnelle de la nature des choses. Sur les sujets comme le gender, il est important pour les croyants d'avoir un discernement à la lumière de la foi mais aussi, et ce sera notre propos, dans le domaine propre de la raison. Celle-ci développe des arguments qui ne sont pas comme tels de foi, c'est-à-dire d'autorité, mais qui viennent de l'expérience des choses. Ce qu'il convient de faire en ces domaines est, pour paraphraser Kant, mais dans une tout autre perspective que lui, de permettre un «usage pratique de la raison».
Cette approche nous semble d'autant plus importante que dans les domaines juridique et politique, la France, l'Europe et les organisations internationales développent des stratégies laïques, d'une part en raison du nombre à prendre en compte de croyants, de croyances, de religions, de confessions, etc., et d'autre part parce qu'il faut bien trouver un terrain de discussion et un consensus qui ne soient pas liés aux convictions religieuses. Éclairer les discussions démocratiques demande donc de développer un discours qui se fonde sur la réalité dont on parle de manière à être admis et compris quelle que soit la religion que l'on professe.
Les articles de presse et les réactions au nouveau programme de SVT des classes de première ES et L ont été nombreux et mettent en évidence cet écueil à éviter : un débat de lobbies religieux contre les lobbies antireligieux. Cela enferme dans un échange d'arguments caricaturaux issus de croyances et de choix personnels, et n'ouvre pas à une réflexion fondamentale accessible à tous. Il est vrai que certains lobbies de la mouvance LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) développent des arguments fondés sur les théories du gender, et que celles-ci sont portées dans les médias en très grande partie par ces militants. Interroger sereine-ment les fondamentaux anthropologiques concernés permet de sortir des militances polémiques, de démêler le vrai du faux et d'envisager les tenants et aboutissants d'une théorie si sensible pour la vie de chacun.
Michel BOYANCÉ
Doyen de l'IPC, Paris
Analyser ce que l'on nomme habituellement «les théories du gender» nécessite un véritable discernement, qui peut s'appuyer sur des arguments de foi comme sur l'exercice de la raison naturelle. On présente souvent les débats autour de cette notion comme un conflit entre la raison scientifique et la foi religieuse. Or, les chrétiens admettent l'usage de la raison, la connaissance rationnelle de la nature des choses. Sur les sujets comme le gender, il est important pour les croyants d'avoir un discernement à la lumière de la foi mais aussi, et ce sera notre propos, dans le domaine propre de la raison. Celle-ci développe des arguments qui ne sont pas comme tels de foi, c'est-à-dire d'autorité, mais qui viennent de l'expérience des choses. Ce qu'il convient de faire en ces domaines est, pour paraphraser Kant, mais dans une tout autre perspective que lui, de permettre un «usage pratique de la raison».
Cette approche nous semble d'autant plus importante que dans les domaines juridique et politique, la France, l'Europe et les organisations internationales développent des stratégies laïques, d'une part en raison du nombre à prendre en compte de croyants, de croyances, de religions, de confessions, etc., et d'autre part parce qu'il faut bien trouver un terrain de discussion et un consensus qui ne soient pas liés aux convictions religieuses. Éclairer les discussions démocratiques demande donc de développer un discours qui se fonde sur la réalité dont on parle de manière à être admis et compris quelle que soit la religion que l'on professe.
Les articles de presse et les réactions au nouveau programme de SVT des classes de première ES et L ont été nombreux et mettent en évidence cet écueil à éviter : un débat de lobbies religieux contre les lobbies antireligieux. Cela enferme dans un échange d'arguments caricaturaux issus de croyances et de choix personnels, et n'ouvre pas à une réflexion fondamentale accessible à tous. Il est vrai que certains lobbies de la mouvance LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) développent des arguments fondés sur les théories du gender, et que celles-ci sont portées dans les médias en très grande partie par ces militants. Interroger sereine-ment les fondamentaux anthropologiques concernés permet de sortir des militances polémiques, de démêler le vrai du faux et d'envisager les tenants et aboutissants d'une théorie si sensible pour la vie de chacun.