On n imagine pas un dessinateur de presse satirique avec la tête d un bouledogue ou d un ministre de l intérieur, faut qu il ait la gueule fendue d un sourire de gosse qui voit le père noël. On ne l imagine pas avec un petit rire de cul serré ou de ministre de la justice, faut que son rire s entende de l autre côté de la rue même quand il y a de la circulation. Il lui faut des yeux de fureteur, des petits yeux malins et légèrement mutins qui brillent quand passent les politiques et leurs poignées de mains hypocrites. Le dessinateur de presse satirique a de grandes oreilles qui frisent le bonheur en entendant les discours et les promesses des députés, des sénateurs et des candidats à la présidentielle. On ne l imagine pas, mou comme un gastéropode ou un ministre de la culture... Non, son crayon doit être directement relié à son imagination et à son envie de rire de tout. Un crayon qui vole, qui s envole, qui trace, qui blesse la feuille et ne respecte rien, un crayon trempé un jour dans le sang et le lendemain dans les larmes. Un crayon qui provoque.... et qui provoque la rigolade ou la réflexion. Le papier est un miroir et c est bien de nous dont il se moque. Voilà, un dessinateur de presse satirique, c est tout cela et Marc Large est un des meilleurs. La gueule, le rire, les yeux, les oreilles, le crayon, tout y est.... Quand tu veux, mon pote, pour la suite, t inquiète pas, les années qui viennent ne vont pas être tristes non plus!