Joseph Steib (1898-1966), est un artiste autodidacte, dont les peintures de facture brute se rapprochent pour la plupart de l'art naïf. Mais lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate, Steib change radicalement de style et de sujet, pour réaliser une satire féroce et ironique de l'occupant. À la manière de la Widerstandmalerei,"peinture de résistance" initiée par les artistes allemands de la République de Weimar tel que John Heartfield, Steib utilise sa peinture comme une arme contre la guerre. Il n'hésite pas à s'en prendre violemment à Hitler, qui est pour lui la source de tous les maux de l'humanité. Il regroupe dans son "Salon des rêves", tous les tableaux qu'il a réalisés clandestinement entre 1939 et 1944. Ce "Salon" s'organise autour de trois thèmes majeurs. Tout d'abord les brimades de la germanisation, où Steib ridiculise et reprend de façon ironique les symboles de la propagande allemande. Viennent ensuite la série des châtiments infligés à Hitler. Ces oeuvres plus violentes sont à la limite du prophétique, à l'image de l'ensemble même du "Salon des rêves", puisque Steib programme et "rêve", la fin de Hitler avant même la chute du régime nazi. Enfin, Steib met en scène les futures fêtes de la Libération et fait ainsi la démonstration de ses sentiments patriotiques et francophiles.