Le constat est simple: la couleur, en Inde, se retrouve partout. Pas une scène de rue où ne figure un camion ou un bus abon- damment décoré, un éclatant tissu brodé, un bijou délicatement ouvragé... Les lieux de cultes également, tantôt monochromie (les superbes temples Jaïns), tantôt colorés (le temple de Minakshi Amman, à Maduraï), utilisent la couleur pour faire impression. Originellement, les castes elles-mêmes étaient régies par un code couleur! Et que dire de la cuisine? Herbes, épices, aromates en tous genre font le plaisir des papilles aussi bien que des yeux. À quand remonte cette relantion si particulière entre la couleur et le peuple indien? Impossible de le dire. L histoire de la cou- leur en Inde est certainement liée à celle de la religion: l hin- douisme présente en effet une multitude de divinités qui évoluent dans un monde onirique, merveilleux et mystique. Quelle meilleure inspiration pour un artiste peintre? Mais comment être sûr? Aujourd hui, c est l artisanat et l industrie textile qui exportent le mieux cet héritage à l interna- tionnal. Et pour cause: les Indiens ont toujours eu une longueur d avance! Filage, tissage, teinture et impression textile (sur soie, laine, coton...) n ont plus de secrets depuis bien longtemps pour eux. Et si la colonisation, puis l industrialisation du pays ont bien failli faire tomber ces savoirs-faire dans l oubli, aujourd hui, l Inde redécouvre son patrimoine. Elle se le réapproprie, l adapte, le fait évoluer (on parle ici développement durable), et s interroge sur son identité: entre tradition et modernité, l Inde se cherche. Cécile Couderc nous invite à prendre part à cette redécouverte. En voyage dans plusieurs régions, elle se fait décrire l Inde d autrefois, raconte elle- même l Inde d aujourd hui, et s interroge avec ses habitants sur l Inde de demain...