La sociologie politique définit l'Etat comme un ensemble constitué par l'appareil d'Etat, c'est-à-dire les institutions politiques d'un pays, et les détenteurs du pouvoir, soit les dirigeants. C'est cet Etat qui dirige la communauté, qui tente de l'organiser en promouvant son développement et en assurant les changements requis par les impératifs de la reproduction sociale. Or, l'observation historique permet d'établir que, en Haïti, la crise - pour ne pas dire la dérive de la société - résulterait, entre autres choses, de la faillite de l'Etat. Rares, en effet, ont été les dirigeants qui se sont préoccupés du bien commun. Du coup, les transformations sociétales n'ont pas suivi, excluant de ce fait toute possibilité de construction d'un Etat moderne, créant ainsi "un vide que vient remplir un Etat par défaut... qui conduit à la mise sous tutelle du pays comme moyen de suppléer à l'incompétence, à l'insouciance des gouvernants et de la classe dirigeante du pays", bref à l'absence d'Etat.