Argumentation philosophique sur la croyance, la volonté, et d'autres concepts, cet essai prend au sérieux ce que disent les langues sur le savoir, le croire. le vouloir, le devoir, etc. Il part donc de l'analyse linguistique des verbes français (et de leurs équivalents dans d'autres langues) croire, vouloir, sembler falloir..., que leur fonctionnement énonciatif particulier amène à caractériser par l'adhérence (rien de plus) à quelque chose qui n'est pas une simple proposition mais une maxime qui dit de l'être ou de l' à-être . Sur cette base, il est possible de prémunir l'étude philosophique de l'esprit contre certaines dérives liées à un emploi non relationnel, causaliste, ou réductionniste, de la croyance, du désir, de l'intention, de l'intentionnalité en général. On est ainsi conduit, non à des remaniements de concepts pour les exploiter dans des interfaces neurocognitives contestables, mais à un renouvellement de l'étude systématique de la vie mentale , qui donne notamment toute sa place à l'intervention de la langue. . . Robert FOREST, né en 1948, est normalien, agrégé d'allemand et docteur d'Etat en linguistique générale. Il est l'auteur de Négations (Klincksieck, 1993), Empathie et linguistique (PUF, 1999) et Critique de la raison linguistique (L'Harmattan, 2003).