En matière de décentralisation, l'année 1992 était celle des anniversaires. La France se devait donc, un peu étonnée sans doute de sa hardiesse, de s'interroger sur une de ses mutations institutionnelles les plus surprenantes, quoique l'une des plus silencieuses et des plus continues. Telle fut l'ambition de ce colloque, par ailleurs le plus important, par le nombre, la diversité et la richesse de ses intervenants. Envisagée comme une rupture, la décentralisation y apparaît comme un mouvement continu, introduisant, pour reprendre l'expression de Jean-Claude Thoenig, un "flou" nécessaire dans nos institutions et appelant rencontres et confrontations. Porteur dès l'origine du message du "mouvement dans les collectivités locales", fédérateur des équipes universitaires travaillant sur "le local", le G.R.A.L. était sans doute le mieux placé, par l'expérience et les travaux cumulés, pour commencer à "ordonner le désordre" - non un ordre rigide et permanent mais l'ordre de cet instant fugitif où l'on peut saisir le jeu réciproque des institutions et de la société.