Au printemps 1991, Jean-Jacques Goldman et ses deux acolytes, Carole Fredericks et Michael Jones, font souffler un air de zouk ensoleillé dans le Top 50 avec «À nos actes manques». Partons aux origines de cette chanson, imaginée lors d'un dîner émouvant et chaleureux entre copains.
L'histoire de la chanson «À nos actes manques» commence en 1990. À ce moment-là, Jean-Jacques Goldman travaille à l'élaboration d'un nouvel album qu'il a décidé d'enregistrer en trio avec le guitariste et chanteur Michael Jones qui l'accompagne dans les tournées depuis 1983, et la célèbre choriste d'origine américaine, Carole Fredericks.
Un soir de février 1990, Jean-Jacques Goldman se retrouvent avec des amis «Chez Pauline», un petit restaurant où il a ses habitudes. Lors de ces dîners, la tradition est de lancer un thème de discussion pour que chacun donne son avis. Ce soir-là, Jean-Jacques qui approche de la quarantaine, oriente la discussion vers un bilan de vie et commence avec ses copains à énumérer tout ce qu'ils ont raté et toutes les choses à côté desquelles ils sont passés pour en arriver à la conclusion que tout choix est un renoncement. Ce dîner qui se termine en grand délire entre potes de la même génération, inspire Jean-Jacques Goldman qui va en faire une chanson. De retour chez lui, il écrit donc un texte sur ce thème qu'il intitule «À nos actes manques» et imagine une musique assez lente, d'inspiration blues et West Coast, en parfaite harmonie avec la tristesse des paroles. Il demande ensuite au compositeur américain Bruce Hornsby de travailler sur les arrangements.
Quelques jours plus tard, Jean-Jacques Goldman part cinq semaines en Afrique et un mois aux Antilles. Au cours de ces voyages, il se familiarise avec des rythmes qu'il connaissait mal comme le zouk, une musique gaie et ensoleillée. C'est alors qu'il a l'idée pour tempérer le côté négatif de sa nouvelle chanson, de l'accompagner d'une musique légère et dansante, d'inspiration antillaise.
De retour à Paris, Goldman décide de retravailler la rythmique d'«À nos actes manques» avec Erick Benzi, un jeune arrangeur qui connait bien les musiques antillaises. Et c'est ainsi que la chanson «À nos actes manques» devient un hymne festif et positif malgré un texte aux goûts de regrets.
Enregistrée au studio Guillaume Tell, à Suresnes, en banlieue parisienne, au mois de mai 1990, «À nos actes manques» sort sur l'album «Fredericks-Goldman-Jones», le 28 novembre suivant.
Cette chanson est choisie pour être le second extrait de cet album à paraître en 45 tours. Le single fait son entrée au Top 50, le 11 mars 1991, à la 24e place. De semaine en semaine, il grimpe pour atteindre la seconde place au mois de mai 1991.
Au même moment, «À nos actes manques» a été enregistré en anglais par le trio. Les paroles de cette version intitulée «To the deeds we missed» ont été écrites par Michael Jones. Pour la petite histoire, en 2002, sur leur compilation «20 ans déjà», la Compagnie Créole a repris «À nos actes manques», soulignant ainsi le côté zouk de la mélodie. Au cours de l'été 2011, M. Pokora a repris la chanson permettant ainsi à une nouvelle génération de la découvrir et d'en refaire un succès.