Ce livre vient à point car, si aucun grain de sable ne fait dérailler le processus, la Roumanie devrait adhérer à l'Union européenne en 2007. Or, avec 237 500 km2 et près de 23 millions d'habitants, elle est de loin, après la Pologne, le plus grand pays d'Europe de l'Est à rejoindre notre Communauté. Pour la France qui, après la Première Guerre mondiale, avait entretenu des rapports si proches avec cet État latin à la formation duquel elle avait tant contribué, la " normalisation " de la Roumanie devrait avoir un sens plus riche encore que pour les autres membres de l'Union. J'emploie à dessein le mot " normalisation ", car lorsqu'on interroge Ion Iliescou sur la trace qu'il aimerait laisser dans l'histoire, il répond : avoir contribué à " normaliser " la situation de son pays après un demi-siècle de dictature, d'abord fasciste, puis communiste.