L’Homme du souterrain est la fantaisie même. C’est un livre qui surprend, tant par l’écriture que par l’intrigue et les personnages. La phrase, longue et mélodieuse, suit l’élégant mouvement de la phrase latine. L’intrigue, trouble et provocante, pourrait être celle d’une autre époque, d’un autre monde. Les personnages, décalés et immoraux, vivent au-delà des limites du monde ordinaire. Concrètement, un homme, amoureux des petites filles, s’est retiré de la vie en s’enfermant dans un château situé dans les Pyrénées. En plus de lui et de ses chats, il y a enfermé la servante Augustias et quelques chiens. Tout pourrait être idyllique dans cette prison dorée, mais voilà : l’amoureuse de Monsieur s’en est allée et il faut au moins interroger le ciel pour la retrouver ! D’où la venue de l’astrologue Azzédine. Ainsi, dans le désordre du château, le vie se désole, s’enivre, se prépare au pire. Le château a des allures de Sodome et Gomorrhe au moment de leur chute. Sans conteste, sous ses allures de roman sans âge, L’Homme du souterrain est une parodie réussie de la déchéance des mœurs. Un livre qui ne manque pas de troubler car nous y côtoyons nos propres dérives. --Isabelle Magnien