Que pouvaient-ils faire d'autre, Léontine et Louis? S'aimer, boire, et élever Mario, leur nourrisson, à deux pas des "hortillons", ces colliers d"ales posées sur la rivière d'Argonne, dans une Picardie imaginaire enfouie sous les fleurs. Roman de l'extrême solitude, des sentiments qu'on ressasse, de l'alcool qu'on boit pour ne pas oublier ou pour se souvenir qu'ailleurs, au-delà des bêtes, des êtres et des choses, rien ne nous attend, Les Manies est d'abord le roman de formation d'un jeune homme"de peu"au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Dans la lumière de bars de province ou la pénombre d'un dancing, c'est la musique d'une époque qui revient, grâce aux chorus be-bop d'un saxophoniste antillais et aux rengaines sirupeuses de balochards manouches. Des ratiocinations de Léontine, la"mère"douloureuse, aux errances de Mario, Les Manies se lira aussi comme le roman d'amours défaites par la haine de soi et la routine des jours."