Deux prêtres en scène.
A priori, ce n'est pas une comédie qui commence... Et pourtant... Le rire, on l e sait, peut se glisser dans les situations les plus tragiques. L'humour est un refuge parfois bien nécessaire.
Entendre, par exemple, un présentateur de journal télévisé appeler " mon commandant " une jeune femme au physique avenant et au charisme incontestable, avec le respect un peu empesé qui néanmoins lui est dû, peut paraître surprenant. Et pourtant, elle porte sur les épaules les quatre galons d'or, insignes de son grade. Il est donc logique qu'un homme, même d'âge mûr, l'appelle très poliment " mon commandant ".
On pourrait alors penser qu'il serait tout aussi normal que ce même homme appelle cette même jolie femme " ma mère "... à l'église, consacrant l'hostie ou au confessionnal remettant les péchés.
Et pourtant...
C'est un rempart que la féminité n'a pas encore franchi. Et c'est le sujet de cette pièce.
Trois hommes s'affrontent. Deux sont en scène. Duel à la gloire des femmes. Il se joue sur des mots : autorité, tradition, idéaux, spiritualité.
Le privilège du théâtre, c'est d'accorder à chacun la liberté de réfléchir, de s'indigner, de s'émouvoir ou de rire...
Une façon comme une autre d'avoir une opinion.
Jean Piat