L'hymne ne désigne pas dans ce livre une forme poétique particulière mais l'ensemble de tout ce que la modernité a dû abandonner pour se tendre, inaugurant un mouvement dont les essais ici rassemblés cherchent à retrouver la généalogie dispersée. Le règne de l'épars est ce qui nous est confié par la fin de l'hymne. Au sein de cette forme ouverte ou de cette anti-forme, seuls des indices peuvent avoir la fonction de tenons. A travers des oeuvres comme celles de Hölderlin, Büchner, Baudelaire, Leopardi, Stendhal ou, plus près de nous, Benjamin ou Mandelstam, c'est le réseau de ces indices qui est ici approché. A travers lui se dessine l'hypothèse d'une langue de poésie profane qui, propagée par-delà le système de la représentation, viendrait inscrire, hors champ, l'exactitude du timbre et de la voix, là où le langage de la pensée en vient à faire de l'impensable son double actif et vivant, silencieux et sonore.