" Monsieur Ouine, écrivait Mauriac, montre avec une accablante puissance la vision que le chrétien Bernanos avait du monde. "
D'un village nocturne et abandonné de l'Artois où l'on découvre un jour le corps d'un petit berger assassiné, le Démon va tenter de faire son fief. Qui a tué le garçon ? Qui est responsable du double suicide et du lynchage qui s'ensuivent ? Sans participer directement à cette suite de désordres, de violences et de crimes, un professeur à la retraite, l'étrange Monsieur Ouine, figure du Mal absolu, paraît en être l'inspirateur satanique. Sous le regard de cet anti-prêtre visionnaire, Bernanos scrute les consciences dans une lumière de cauchemar. Bien au-delà de la psychologie, il explore le mystère du désespoir et du néant spirituel, il sonde les gouffres où seul avant lui, Dostoïevski avait osé s'aventurer.
" M. Ouine est ce que j'ai fait de mieux, de plus complet... Le plus grand effort de ma vie d'écrivain ".
Georges Bernanos