Le commissaire San Antonio a bien du souci. C'est d'abord la très craquante Dora Réveillon, épouse du peut-être feu Noël Réveillon, empereur de la sardine en boîte et présentement disparu, qui vient mendier son secours et son assistance. L'éplorée a de bien trop jolies jambes pour qu'il refuse. Mais, lancés sur la trace d'huile du sardinier, les fidèles acolytes de SA Béru et Pinaud, les Laurel et Hardy de la police, disparaissent à leur tour après avoir fréquenté la même chambre d'hôtel que le sieur Réveillon. Cette fois, le commissaire va devoir payer de sa personne...
Comme souvent dans les romans signés San Antonio (pseudo éponyme du célèbre héros de Frédéric Dard), l'intrigue, légère, n'a aucune espèce d'importance. Ce qui compte ici, c'est la gouaille, l'inventivité, l'humour débridé de cet auteur qui avouait lui-même avoir créé son langage par nécessité. Parce que, prétendait-il, il n'avait que 300 mots du vocabulaire académique dans son bagage avant de devenir le plus populaire des auteurs de romans populaires. On rit beaucoup dans ce titre surréaliste, avec en prime une jolie réflexion sur l'écriture, où l'auteur interpelle son lecteur en expliquant qu'un jour il tentera de faire publier "le plus pur de tous les livres", celui qu'il n'écrira plus :
224 pages de papier blanc, mes petits, parfaitement. Sans un mot grossier, sans une faute de syntaxe, sans une répétition, sans un subjonctif qui débloque, sans le moindre passé simple déficient. Un livre pour rêver...