Pourquoi je l'ai fait Tout a commencé un soir du mois de Ramadan, lorsque j'ai rencontré Fatéma chez une amie commune. Je n'avais plus revu mon ancienne camarade de fac depuis l'année où elle était partie enseigner à Rabat, alors que je galérais encore pour trouver un boulot. Nous nous retrouvions pour une de ces veillées ramadanesques, arrosées de thé à la menthe et nourries de confidences en tout genre. Pendant que nos hommes tapaient le carton dans la salle à manger, nous étions une poignée de femmes à bavarder au salon, et tout y était abordé, de la domestique surprise à singer sa patronne à l'ardeur sexuelle de nos époux. Nous en venions à nos carrières passées ou présentes, lorsque je remarquai l'attention particulière que Fatéma accordait à mes propos. Je n'ai pas tardé à savoir pourquoi. Sa soeur Aïcha s'était mis en tête d'épouser un Saoudien. Fatéma avait beau l'en dissuader, lui répétant que l'homme en question était déjà flanqué de deux épouses et qu'il valait mieux rester célibataire que se laisser prendre au piège avec un polygame, fût-il un magnat du pétrole, Aïcha répliquait chaque fois qu'elle s'en fichait - Je veux être «princesse». Fatéma se désespérait, elle voulait trouver quelqu'un capable de convaincre sa soeur des risques encourus avec un tel mariage et que soient édifiées toutes ces dindes du Maroc prêtes à se jeter dans les bras des Arabes du Golfe pour quelques poignées de riyals!