John Von Neumann a posé les bases mathématiques de la mécanique quantique, inventé la théorie des jeux et sa contribution au projet Manhattan a été décisive pour l’élaboration de la bombe atomique. Mais, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il conçoit le MANIAC – le premier ordinateur moderne –, personne ne se doute que le monde est sur le point de changer pour toujours. Car ce « calculateur » ouvre les perspectives infinies de l’intelligence artificielle – à même de menacer l’espèce humaine. Roman vertigineux sur les limites de la pensée et les délires de la raison, MANIAC met en lumière deux autres moments où la science vacille mais progresse, dans une fuite en avant irrévocable : précurseur génial, Paul Ehrenfest, physicien autrichien et ami d’Einstein, devient fou et se suicide en 1933 après avoir compris que la science et la technologie allaient devenir des forces tyranniques ; moins d’une centaine d’années plus tard, le maître sud-coréen Lee Sedol perd une partie de go contre un programme d’IA.
Fresque historique et portrait de groupe constitué de génies, MANIAC ausculte les face-à-face entre l’homme et la science et les célèbre l’un et l’autre. Virginie Bloch-Lainé, Elle.
Une formidable machinerie littéraire. Nils C. Ahl, Le Monde des livres.
Traduit de l’anglais (Chili) par David Fauquemberg.