Pendant la Révolution française certains Provençaux, alphabétisés mais néanmoins exclus de la culture des élites, ont pris la plume, pour s’adresser aux administrations, rendre compte des débats politiques de leurs villages, ou se défendre devant les tribunaux révolutionnaires. En publiant des documents inédits, tirées des archives de Marseille, ce volume donne à lire leur français, témoignage précieux sur les écrits des gens peu-lettrés. Il analyse le lien complexe unissant écriture ordinaire et normes, en s’intéressant successivement à l’orthographe, à la morpho-syntaxe et aux niveaux textuels, pour lesquels il propose une approche originale qui tient compte de la matérialité discursive et des jeux de positionnement qu’elle commande : formes de présentation, formulaires, clichés. A tous les niveaux, ces textes, si soucieux des conventions, associent – par collage, déplacement et réinterprétation – des formes prestigieuses et ritualisées avec des tournures orales, des provençalismes, des écarts individuels. Des univers de langage entrent en collision..