En dépit de sa discrétion, Jean Grosjean est l'une des figures importantes de la poésie et de la vie intellectuelle française des cinquante dernières années. Lecteur aux éditions Gallimard, essayiste, poète, traducteur averti des tragiques grecs (Eschyle et Sophocle), de Shakespeare, du Coran et de la Bible, il fut un proche de Claudel et de Malraux. L'oeuvre de ce poète, qui fut ordonné prêtre en 1939 avant de rompre ses voeux, est entièrement adossée au sacré ; en particulier à l'héritage biblique que sa poésie interroge à travers les manifestations les plus ténues du monde sensible. La présentation de Jean-Luc Maxence met en évidence la profondeur d'une oeuvre qui tutoie l'éternel et scrute l'invisible sans renoncer à la simplicité.