Son univers est glauque, son romantisme noir, le climat qu'il fait naître presque étouffant. La voix de Jean Guidoni dessine l'image du Berlin décadent des années 1930, fausses fêtes lugubres dans des cabarets sombres où il faut pour être admis, faire semblant de vivre. Il y a en lui des accents qui rappellent ceux de la chanson réaliste, des cris de bête traquée, des gestes de combattant vaincu. Pourtant l'espoir affleure dans ses couplets et, après chaque coup reçu, ses héros se redressent. Parce que, comme lui, ils se battent; comme lui, ils ont fait du refus une vertu. Guidoni trouble, Guidoni émeut, Guidoni fait frémir. Et Guidoni encourage, redonne vie à ceux qui pourraient s'effondrer. Par ses ambiguïtés, ses doutes et ses certitudes, son talent et son allant par l'étrangeté de son répertoire, il s'est créé une place à part. Dans la chanson actuelle, il est symbole d'originalité.