Ce matin-là... Un adolescent de dix-neuf ans, son violon sous le bras, quitte à pied son village, dans l'ouest de l'Angleterre, et prend la route de l'Espagne : un pays dont il ne sait à peu près rien... Nous sommes en 1915. Notre marcheur va parcourir en un an, de Vigo Jusqu'en Andalousie, plus de mille kilomètres au long des sentiers de transhumance et des chemins muletiers. Horreur et violence (on songe aux Hurdes de Bunuel) se mêlent ici tout naturellement à l'émerveillement le plus naïf. Il va découvrir une Espagne incroyablement primitive, encore toute plongée dans sa sauvagerie native. Les routes ignorent le bitume et les villages l'électricité, les auberges sont à peu de chose près les mêmes que celles hantées par Don Quichotte trois siècles plus tôt. Chaque étape nous entraîne un peu plus loin sur le chemin de la pauvreté absolue... Et de la fraternité, qui en est l'incompréhensible corollaire. Car le jeune Anglais errant ne tarde pas à se prendre d'amour pour ce peuple qui, du haut de sa misère, l'accueille avec une si touchante générosité, et l'invite bientôt à partager sa révolte...