La civilisation des anciens Scythes, branche européenne des peuples dits iraniens, nous est connue par de nombreux documents archéologiques et par des écrivains grecs, principalement le IVe livre d'Hérédote. Les descriptions et les commentaires des historiens modernes se fondent uniquement sur ces données, auxquelles depuis le XIXe siècle s'ajoutent des comparaisons avec d'autres "empires des steppes". Turcs, Mongols, etc.
On a négligé ainsi une importante source d'information: les Scythes n'ont pas disparu, ils se constituent au Caucase dans le petit peuple des Ossètes, qui lui-même a exercé une grande influence sur plusieurs peuples non-indo-européens, refoulés comme lui de la Russie méridionale jusque dans les montagnes.
L'auteur éclaire les descriptions d'Hérédote par les "survivances" très originales, relevées depuis un siècle, dans ces sociétés. C'est ainsi que plusieurs des anciens dieux ont légué des morceaux de leur riche mythologie à des surhommes du folklore: Arès au héros Batraz, un dieu-solaire au héros Soslan, Hestia-Tabiti à l'héroïne Acyruxs.
La classification des familles dans l'épopée ossète conserve le cadre, trifonctionnel, de la légende d'origine des Scythes consignée par Hérodote. Même continuité dans les coutumes funéraires et la conception de l'au-delà, dans le rituel et dans les merveilles des banquets-beuveuries.