Au début de la Deuxième Guerre mondiale, il était psychologiquement impossible pour les interventionnistes américains d'évoquer les dangers du nazisme afin de mobiliser leurs concitoyens : ces arguments étaient qualifiés de "propagande". Le seul ennemi "présentable" était la politique "d'apaisement" de Hitler à l'égard des États-Unis, qui tendait à les endormir et à les démobiliser. Déjouer ces plans, c'était retrouver le moral national, c'est-à-dire l'esprit martial, qui avait toujours cimenté la nation. Après avoir rejeté la propagande de guerre, la population américaine fut amenée à la souhaiter afin de retrouver les thèmes auxquels la publicité commerciale et la guerre psychologique de l'idéologie dominante l'avaient habituée. Puisqu'on n'avait pu éviter l'engagement, mieux valait hâter la fin de la guerre, qui ne pouvait survenir que par la victoire des Alliés. Frappée par les contradictions internes de la guerre psychologique américaine, dont les racines sont en fait bien antérieures à 1939, l'auteur va remonter aux origines mêmes de l'Histoire américaine. Elle découvre ainsi que, depuis la guerre d'Indépendance, cette histoire est faite d'une confrontation permanente entre deux courants. D'une part, le "radicalisme" de l'idéologie dominante, celui de la "Révolution américaine", fondement de tous les interventionnismes (jusqu'aux plus récents) ; d'autre part, une révolution plus discrète, spirituelle, non-violente, inspiratrice de tous les mouvements qui refusent que le Nouveau Monde se trouve entraîné dans des conflits toujours plus meurtriers à chaque génération. Autre regard porté sur l'Histoire, ce livre incite à une réflexion sur les causes profondes des guerres et l'engrenage de la violence.