Tout commence, pour François Cheng, par le don d'un tableau que lui fait un jour Léopoldine Hugo, artiste et descendante directe de Victor Hugo. Un tableau et un prénom qui lui évoquent irrésistiblement cet endroit de la Seine à Villequier, en Normandie, où s'est noyée la fille du poète, également prénommée Léopoldine. Une perte qui a fracassé la vie de Hugo et lui a inspiré ses Contemplations. Réinterprétant en profondeur ce recueil, François Cheng, qui vient de perdre son épouse après soixante ans de vie commune, reconnaît en Hugo le maître de la « voie orphique » dans laquelle lui-même s'inscrit. Il a tenu à accompagner seul cette épouse bien-aimée atteinte de la maladie d'Alzheimer, jusqu'à l'issue finale. À travers le récit bouleversant de ce chemin, il se fait le témoin du « royaume » qui unit la vie et la mort en une réalité transfigurée.
Notes Biographiques :
Né en 1929 à Nanchang (Chine), François Cheng est arrivé en France en 1948, sans connaître un mot de français. Après maintes difficultés, mais aussi maintes heureuses rencontres qu'il a racontées dans Une longue route pour m'unir au chant français (Albin Michel, 2022), il est reconnu comme un poète majeur, traducteur, romancier, essayiste, médiateur entre les civilisations chinoise et occidentale. En 1998, il reçoit le prix Femina pour le roman Le Dit de Tianyi, en 2001, le Grand Prix de la francophonie, et en 2002 il est élu à l'Académie française.