Tous les lecteurs, à l'instar des biographes, de ce grand auteur russe (Kiev 1891- Moscou 1940) s'accordent sur le fait que sa vie fut un condensé de l'horreur qu'a pu représenter pour tout créateur le régime soviétique. Sans doute parce que, avec ses livres les plus connus, Le Maître et Marguerite et La Garde blanche, Boulgakov est apparu comme l'un des deux ou trois génies littéraires qui ont surgi durant le régime stalinien. Et l'un de ceux qui, avec un Babel ou un Mandelstam, ont eu le plus à en souffrir. Sachant s'exprimer dans divers registres (et notamment au théâtre), il a pu faire preuve chaque fois d'un extraordinaire sens de la satire et parfois de la farce (voir la nouvelle " Cur de chien ") que les conditions de son existence, pourtant terriblement précaires, rendent d'autant plus méritoires ! Ce " roman théâtral " largement autobiographique en porte témoignage.