Extrait
Accroché sur la montagne, Tibhirine, jardin suspendu, se voulait «signe sur la montagne» selon sa devise. C'est bien au-delà des contreforts de l'Atlas que les moines ont été signes de fraternité, de lien, et de paix. Sans doute est-ce justement ce témoignage simple et discret, modestement enfoui en terre algérienne, qui a agacé jusqu'au meurtre des hommes violents.
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines cisterciens sont enlevés par un groupe islamiste armé. Au petit matin, le monde découvre épouvanté la nouvelle qui, dans l'Algérie à feu et à sang, n'est que la confirmation des sourdes menaces qui pesaient sur la communauté. Cinquante-six jours durant, il faut espérer. Jusqu'à l'annonce tragique de l'assassinat des sept moines de Tibhirine.
Beaucoup ignoraient jusqu'à l'existence même de ce monastère accroché à flanc de montagne. C'était là la vocation des frères, tout entiers livrés à la prière chrétienne en terre d'islam, «priants parmi les priants». Une présence humaine et croyante d'une rare intensité, vécue dans l'intimité d'une campagne, non loin de Médéa. Une réalité contemplative au coeur d'une Église d'Algérie souffrante et martyre. Un pari audacieux de dialogue et de lien entre les peuples, les religions, les hommes.
Les sept frères, Christian, Christophe, Luc, Michel, Bruno, Célestin, Paul ont donné leur vie qui ne se réduit pas aux jours terribles de l'enlèvement et de l'assassinat. Reprenant l'histoire du monastère algérien et le parcours des frères, ce sont mille graines d'espérance qui sont déposées. Signe, sur la montagne et dans les coeurs, d'une réalité, d'une générosité, d'une fécondité à partager. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.