" Le Christ n'a jamais ri ", a-t-on l'habitude de dire. Et l'on ajoute que la civilisation byzantine était engoncée dans un sérieux hiératique. Avec Le rire des Pères, étude à la fois érudite et pénétrante, Teodor Baconsky détruit ces préjugés qui souvent nous empêchent de comprendre l'Orient chrétien. L'exemple des " saints mimes " montre que la dérision peut convertir. Les moines les plus sévères ont dit l'importance du sourire. Et surtout les " fols en Christ " auxquels Teodor Baconsky consacre une étude quasi exhaustive pour la sphère byzantine, ont pulvérisé toute sacralité close pour témoigner par le rire et la bouffonnerie, du monde à l'envers, infiniment libre, des Béatitudes. Ainsi s'est développé à Byzance une " sacralité ouverte " qui ne s'oppose pas au profane, un " style de vie auréolé d'allégresse ", secret perdu que Teodor Baconsky peut nous aider à retrouver.