Mai 1940, on fête à Berlin la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Mais derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin met en scène le quotidien d’un immeuble de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent, d’un étage à l’autre. Au quatrième, Mme Rosenthal, juive, dénoncée à la Gestapo par ses voisins, se suicide en se jetant par la fenêtre. A l’étage au-dessous vivent les Persicke : le fils, un jeune SS, s’arrange pour faire piquer son père, comme un animal, dans un centre de désintoxication. Un autre locataire, Herr Fromm, conseiller honoraire retraité, cache dans sa chambre une femme juive : la moindre imprudence peut les envoyer dans un camp. Enfin, les Quangel, gens modestes qui ont perdu leur fils sur le front russe. Le désespoir les pousse à l’extrême audace : ils distribuent dans la ville leurs tracts contre le Führer et se retrouvent bientôt aux mains de la Gestapo, promis à une fin effroyable. De ce roman, Primo Levi disait qu’il était «l’un des plus beaux livres de la résistance antinazie». Aucun texte n’a jamais décrit d’aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, de cette époque, avec un réalisme et une sincérité aussi bouleversants.