Le 3 octobre 1995 sera le jour du cinquième anniversaire de la réunification allemande. Une réunification menée tambour battant par le chancelier Kohl, qui connut grâce à cette « divine surprise » une renaissance politique. Mais qui se souvient encore de son alter ego est-allemand, qui eut la difficile charge d'incarner la transition du « socialisme réel » vers la démocratie libérale? Lothar de Maizière assuma ce rôle éphémère, mais crucial; il fut de ces rares hommes qui font l'histoire et il fut un sacrifié de l'histoire. La réunification allemande n'avait pas encore été racontée selon le point de vue des Allemands de l'Est. Cette nouvelle lecture historique apporte des informations précieuses sur les origines, le déroulement et les problèmes de la réunification, sur les négociations politiques internes et internationales à ce sujet.
De la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, à l'unification des deux États allemands le 3 octobre 1990, Lothar de Maizière fut sur le devant de la scène, d'abord comme chef du parti chrétien-démocrate est-allemand, puis comme chef du premier (et dernier) gouvernement de la R.D.A. librement élu. Parfait inconnu à l'origine - il avait été musicien, puis avocat -, il dut sa soudaine promotion politique à son engagement au sein de l'Église protestante est-allemande. Ses origines prussiennes placèrent ce difficile engagement sous le signe de la responsabilité morale.