Où trouver des ressources fécondes pour continuer à lutter contre l'injustice et l'oppression après la fin de philosophies de l'histoire? Dans quel sens mener le combat pour la dignité de la personne à l'heure de grandes incertitudes idéologiques? Que convient-il d valoriser pour avancer vers une société réellemen démocratique qui laisse pleinement sa place au plu grand nombre, avec une attention particulière aux plu défavorisés? Faut-il prolonger ou rompre le gest conceptuel de la pensée occidentale? Certains philosophes contemporains opèrent une rupture avec la tradition métaphysique qui s'interrogeait sur l'être, ainsi qu'avec les modernes centrés sur la conscience, afin de repartir du langage, du paradigme communicationnel. Le présent ouvrage s'ouvre avec la valorisation de ce détour langagier de la philosophie. Cependant, même lorsqu'il se trouve radicalisé sous la forme d'une "dialogique transcendantale", ce courant de pensée semble continuer un geste théorique qui le rattache au libéralisme politique. Or, il s'agit ici de se séparer radicalement de cette tradition philosophique. L'auteur s'efforce ainsi de penser l'aventure démocratie en maintenant comme référence première la concrétude existentielle du sujet avec son arrimage contextuel. Une "anthropologie de contextualité", réhabilitant l'"espace" et le "social-historique", se dessine, laissant la place à une certaine forme d'"hétéronomie subversive". La réflexion éthique développée dans ce livre prépare la voie à une pensée d politique qui s'efforce de réfléchir non plus "pour", mais "à partir de" et "avec" les oubliés de la mondialisation néo-libérale. Se déploient alors les prémisses d'une "politique de la fragilité"