Ce texte, publié en 1925, fait suite à d'autres travaux sur les fondements des Sciences humaines. Selon la ligne phénoménologique inaugurée par son maître Husserl, Edith Stein dégage l'essence, ou les structures invariantes de sens, qui font d'une collectivité humaine un Etat et un Etat souverain. Cette préoccupation rejoint celle des théoriciens du droit (de Reinach à Kelsen) et celle des philosophes comme Fichte qui jugent l'Etat à sa capacité d'autonomie. De plus, Edith Stein rapproche ainsi une théorie de la personne, inspirée de Max Scheler, d'une théorie de l'Etat par une analogie entre la souveraineté du Moi et celle de l'Etat, puis entre la souveraineté et l'appartenance à une communauté d'Etats et de sujets. Cette traduction se veut aussi une contribution à une nouvelle théorie des institutions.