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RAPPORT ANNUEL 2010 DE LA COUR DE CASSATION - LE DROIT DE SAVOIR

Code EAN13: 9782110084552

Auteur : COLLECTIF

Éditeur : DOC FRANCAISE


   Arrêt de commercialisation

Extrait

Extrait de l'avant-propos de Mme Agathe Lepage, agrégée des facultés de droit, professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris II).

À la fin du mois de novembre 2010, la planète médiatique a été secouée par un séisme tenant à la diffusion, à l'instigation du site WikiLeaks, d'un nombre considérable de documents diplomatiques américains, en méconnaissance de leur caractère confidentiel. Toutes les vannes étaient ouvertes, la transparence semblait portée à son paroxysme. Les journalistes et les philosophes, les internautes et les hommes politiques ressassèrent ces questions qui empruntent autant au droit qu'à la morale : peut-on, faut-il tout savoir, a-t-on le droit de tout savoir ? Si besoin en était, cet épisode venait illustrer de façon saisissante l'importance cruciale aujourd'hui de la question du «droit de savoir», choisie par la Cour de cassation pour sujet de l'étude de son Rapport pour l'année 2010. Toutefois, les résonances très contemporaines d'une réflexion sur le droit de savoir ne sauraient faire oublier que c'est de façon intemporelle que droit et savoir ont tissé d'étroits liens entre eux.

Savoir est inhérent à l'humain, mieux, tout ce qui est humain touche au savoir : «on connaît comme on respire, et d'ailleurs, comme le disent un certain nombre de biologistes aujourd'hui, on connaît comme on vit [...]. Parmi les activités humaines, rares sont les conduites qui ne sont pas connaissantes à leur façon. Rares sont les moments qui n'apportent rien à l'orientation d'un sujet dans son monde». Comment, dès lors, le savoir ne serait-il pas intimement lié au droit ? Certes, le droit lui-même est objet de savoir, mais le savoir est également au coeur du droit. Encore faut-il déterminer, pour identifier la place qu'occupe dans le droit le savoir, ce que recouvre ce terme. D'emblée, il frappe par sa double nature, lui qui est à la fois substantif et verbe. Le savoir désigne un «ensemble de connaissances plus ou moins systématisées, acquises par une activité mentale suivie» - et cette acception se décline dans le savoir-faire ou le savoir-vivre. Pour la philosophie, «le connaissable est le savoir en puissance; le savoir est le connaissable effectivement intégré par un sujet connaissant». Le lien qu'établissent ces définitions entre le savoir et la connaissance se prolonge entre les verbes savoir et connaître. En toute rigueur, la linguistique invite à les distinguer l'un de l'autre, mais le juriste, certes conscient de nuances entre eux, sera toutefois autorisé à y voir des verbes assez proches pour être tenus par lui pour synonymes. Savoir, c'est «avoir présent à l'esprit (un objet de pensée qu'on identifie et qu'on tient pour réel) ; pouvoir affirmer l'existence de» ; c'est également «avoir dans l'esprit (un ensemble d'idées et d'images constituant des connaissances sur tel ou tel objet de pensée)». Dans les deux cas, le dictionnaire renvoie au verbe connaître, lequel, en effet, est parfois défini en des termes proches de ceux utilisés pour définir le verbe savoir. Connaître, nous enseigne le Vocabulaire technique et critique de la philosophie, c'est «avoir présent à l'esprit un certain objet de pensée vrai ou réel».
  • EAN
    9782110084552
  • Auteur
  • Éditeur
    DOC FRANCAISE
  • Collection
    SANS COLL - COU
  • Date de parution
    15/04/2011
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    675 g
  • Hauteur
    240 mm
  • Largeur
    160 mm
  • Épaisseur
    20 mm
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