Extrait
Brenn entendit des bruits de pas dans le couloir.
- Non ! Je vous en prie, laissez-le tranquille, fit une voix que le garçon reconnut immédiatement comme celle de sa mère.
Le coeur de Brenn s'accéléra d'un coup. Une fois de plus, son beau-père venait lui chercher querelle.
L'homme pénétra dans sa chambre en faisant voler le rideau qui occultait la pièce. Brenn le détestait. Comment cet être caractériel, violent et trop souvent aviné, pouvait-il être le frère de son père ? Ce père si doux, si attentif, si aimant pour ses deux enfants. Lui qui avait disparu trop tôt, emporté par une mauvaise fièvre en moins d'une semaine, plongeant sa famille dans la tristesse et le désarroi.
Sa mère, veuve, n'avait eu d'autre solution que d'épouser le frère de son mari afin de ne pas se retrouver sans ressources. Cela avait été un choix funeste. Galat lui faisait payer très cher cette alliance. Lui qui jalousait son frère, tellement plus brillant, était désormais le maître. Ce pouvoir, il entendait bien l'imposer tant aux esclaves qu'aux membres de sa famille. Le domaine, composé de bois, mais surtout de champs fertiles cultivés en bordure de rivière, vivait sous la menace constante de ses humeurs. Ses ordres étaient souvent contradictoires et rarement judicieux. Ceux qui avaient connu le père de Brenn courbaient l'échiné en attendant des jours meilleurs. Si jamais ils venaient...
Brenn, assis au bord de son lit, soutint le regard de Galat. D'un geste brusque, celui-ci balaya plusieurs parchemins ainsi que des tablettes de cire qui se fracassèrent en mille morceaux sur le dallage.
- Encore plongé dans tes bêtises ! hurla Galat, saoul et plein de reproches.
Brenn ne répondit pas, mais continua à fixer son oncle, ce qui l'exaspéra un peu plus. Sa mère, figée sur le seuil de la chambre, tordait nerveusement un foulard mauve entre ses mains tremblantes.
- Sors de là et suis-moi ! ordonna Galat. Brenn le suivit docilement jusqu'au coeur du domaine. Il savait ce que voulait son beau-père. Ce dernier avait déjà essayé de l'y contraindre, sans succès.
Arrivé au milieu de la cour, Galat se lança dans un discours que Brenn connaissait par coeur.
(...)
- Non ! Je vous en prie, laissez-le tranquille, fit une voix que le garçon reconnut immédiatement comme celle de sa mère.
Le coeur de Brenn s'accéléra d'un coup. Une fois de plus, son beau-père venait lui chercher querelle.
L'homme pénétra dans sa chambre en faisant voler le rideau qui occultait la pièce. Brenn le détestait. Comment cet être caractériel, violent et trop souvent aviné, pouvait-il être le frère de son père ? Ce père si doux, si attentif, si aimant pour ses deux enfants. Lui qui avait disparu trop tôt, emporté par une mauvaise fièvre en moins d'une semaine, plongeant sa famille dans la tristesse et le désarroi.
Sa mère, veuve, n'avait eu d'autre solution que d'épouser le frère de son mari afin de ne pas se retrouver sans ressources. Cela avait été un choix funeste. Galat lui faisait payer très cher cette alliance. Lui qui jalousait son frère, tellement plus brillant, était désormais le maître. Ce pouvoir, il entendait bien l'imposer tant aux esclaves qu'aux membres de sa famille. Le domaine, composé de bois, mais surtout de champs fertiles cultivés en bordure de rivière, vivait sous la menace constante de ses humeurs. Ses ordres étaient souvent contradictoires et rarement judicieux. Ceux qui avaient connu le père de Brenn courbaient l'échiné en attendant des jours meilleurs. Si jamais ils venaient...
Brenn, assis au bord de son lit, soutint le regard de Galat. D'un geste brusque, celui-ci balaya plusieurs parchemins ainsi que des tablettes de cire qui se fracassèrent en mille morceaux sur le dallage.
- Encore plongé dans tes bêtises ! hurla Galat, saoul et plein de reproches.
Brenn ne répondit pas, mais continua à fixer son oncle, ce qui l'exaspéra un peu plus. Sa mère, figée sur le seuil de la chambre, tordait nerveusement un foulard mauve entre ses mains tremblantes.
- Sors de là et suis-moi ! ordonna Galat. Brenn le suivit docilement jusqu'au coeur du domaine. Il savait ce que voulait son beau-père. Ce dernier avait déjà essayé de l'y contraindre, sans succès.
Arrivé au milieu de la cour, Galat se lança dans un discours que Brenn connaissait par coeur.
(...)