Saint Luc peignant la Vierge (Martin Van Heemskerck, vers 1532). Daniel Arasse ouvre, avec cette oeuvre emblématique, l'un de ses textes fondamentaux. Par cette mise en abyme, il nous propose un programme qui va bien au-delà d'une simple "histoire du détail". C'est à une relecture en profondeur de l'histoire de la peinture occidentale, à l'aune du détail, qu'il se livre ici avec brio. Qu'il soit inopinément ou peu à peu découvert, identifié, scruté, isolé, voire découpé de son ensemble, le détail offre en effet une toute autre manière de voir et d'appréhender la peinture. Grâce à cette histoire rapprochée des pratiques du pinceau et du regard, un champ nouveau se dessine. Dès lors, ce sont les traditionnelles catégories de l'histoire de l'art, établies "de loin", qui sont remises en question. Sans que jamais l'érudition ne prenne le pas sur le plaisir et les "fêtes de l'oeil"...
Notes Biographiques :
Daniel Arasse (1944-2003) fut l'un des plus éminents historien et théoricien de l'art. Il a été directeur d'études à l'EHESS, après avoir enseigné l'histoire de l'art moderne (XVe-XIXe siècle) à l'université Paris-IV, puis à l'universitéParis-I. Auteur de nombreux ouvrages d'histoire de l'art, dont Le Sujet dans le tableau (Flammarion, 1997), On n'y voit rien (Denoël, 2000), il sait se rendre accessible au public éclairé comme au grand public.