Partis depuis trois semaines pour un tournage autour d'une station scientifique au coeur de l'Alaska, mes parents me manquaient déjà, et j'étais impatiente de les retrouver. Ils réalisent des films documentaires sur la nature et les espèces en voie de disparition; leur métier les conduit aux quatre coins du monde. Grâce à eux, j'allais découvrir un nouvel univers, des paysages incroyables, et qui sait quelles aventures nous allions vivre encore! J'étais tout excitée. Notre voyage avait commencé par un vol régulier entre Paris et Copenhague, puis par un second jusqu'à Ilulissat, au Groenland. Ensuite, nous avions embarqué à bord de l'Étoile polaire, le bateau brise-glace chargé du ravitaillement de la station où nous attendaient nos parents. Le capitaine, James Kock, était un ami de papa; marié à une Inuit, il connaissait parfaitement les régions du Grand Nord et il s'était distingué depuis longtemps pour son engagement dans la défense du milieu naturel. C'était le printemps. La banquise, à cette latitude, avait presque entièrement fondu, mais il restait encore, ici et là, à la surface de l'eau, de grandes plaques de glace. Quand Y Étoile polaire en heurtait une, cela produisait un craquement assourdissant et tout, à bord du navire, se mettait à trembler. - Vous êtes sûr que le bateau va tenir? a demandé Thomas, le plus inquiet de mes deux frères. Le capitaine a éclaté de rire: (...)