Marin de transats, grand voyageur, Joseph Le Guen décide de devenir adulte à... cinquante ans. Il redécouvre alors la rame, un moyen de se rapprocher de soi et des autres. Et, accessoirement, de traverser les océans.
Ce projet, il l'entreprend deux fois. Premier exploit, à l'été 1995, en solitaire et en solitude. Il parcourt l'Atlantique Nord à petite vitesse. Ainsi, il peut se regarder en face pour reconquérir son île d'enfance, Molène, au large de la Bretagne, l'île des sauveteurs en mer.
La seconde traversée le ramène vers les hommes. A l'automne 1997, il se lance dans une course des Canaries à la Barbade, avec trente équipages. Cette fois, il part en duo. Son équipier, Pascal Blond, est un ex-detenu, condamné pour meutres. Il a passé quatorze ans derrière les barreaux. Leur bateau est construit à Moulins, dans la prison la plus sécuritaire de France, par des " longues peines " qui soutiennent le projet.
Les deux galériens volontaires vont ramer leur vie, ensemble, et, chacun à leur façon, renaître.