" Dans le monde entier il n'y a sans doute pas eu de meilleures nuits que celles que, jeunes gens, nous avons passées en déambulant lentement à travers la ville, jusqu'à l'aube, discutant comme des fous de politique, de littérature, de femmes, [...] de mille choses, quadrillant la ville, je ne dirais pas heureux parce que, exception faite de quelque malédiction particulière du sort, personne ne peut même entrevoir le bonheur, mais du moins envahis par une passion singulière, une curiosité de toutes choses suffisante pour nous rendre la vie supportable. " Les textes qui composent ce livre sont les premiers de Juan José Saer qui furent publiés en espagnol. Ces œuvres de jeunesse, écrites entre 22 et 26 ans, nous livrent les prémices de ce qui fera sa renommée littéraire. On y trouve les obsessions, les enthousiasmes, les partis pris d'un homme jeune et peu enclin aux concessions. Mais aussi un bonheur de lecture, des lucidités pénétrantes et ce goût d'une phrase sinueuse, longue et subtile que, dès ses débuts, il cultive avec maîtrise.