Pas un film, pas un livre sur l'Occupation, sans bicyclette. Plus de dix millions d'exemplaires en circulation, de tous gabarits, de toutes formes - vélo de femme, de course, tandem -, partout en France, la petite reine devient un symbole pour l'Histoire. Le grand boom de la bicyclette commence à Paris avec l'exode. Au fil des mois, la demande explose, soutenue par la pénurie d'essence et les réquisitions par l'occupant. Les gens sont prêts à tout pour se procurer le moindre biclou. Face aux restrictions, on trouve de nouveaux alliages, on remplace les pneus par du bois, de la paille. Mais le vélo, c'est surtout la Résistance, les messages cachés dans le guidon, les sacoches pleines de tracts sous une botte de poireaux. Des milliers de kilomètres parcourus. De la cavale à deux-roues du général Hauteclocque à l'étincelle Henri Rol-Tanguy, chef des FFI lors de l'insurrection parisienne, en passant par Aragon et son coursier cycliste dans la Drôme ou Madeleine Riffaud qui abat son "boche" et s'enfuit à grands coups de pédales, la bicyclette, instrument de la victoire, éclaire d'un nouveau jour l'engagement de femmes et d'hommes ordinaires au service de la liberté.