La fin de la traite négrière et l'abolition de l'esclavage au cours du XIXe siècle sont généralement présentées comme l'oeuvre de progressistes européens, qui auraient offert l'émancipation aux asservis. À rebours de cette vision, l'historien Sudhir Hazareesingh montre ici à quel point les esclaves eux-mêmes ont pris leur vie en main, en résistant à leurs oppresseurs dès les premières années de la traite atlantique, au xvie siècle, et ce jusqu'à l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, en 1865. Des destins exceptionnels incarnent ces résistances, menées de façon individuelle ou à travers des soulèvements militaires et des réseaux de coopération souvent portés par des traditions africaines. Si de grandes figures, comme Toussaint Louverture et Frederick Douglass, sont entrées dans l'Histoire, on découvre aussi les exploits de femmes remarquables telles que Prêtresse Léonor ou Solitude. Attachés à préserver leur identité, les asservis n'ont jamais cessé de faire vivre leur propre culture, comme le berceau de la résistance contre le système esclavagiste. Cet ouvrage sans précédent raconte cette grande épopée, à l'appui d'un vaste corpus de textes, d'archives, de récits autobiographiques et de témoignages. La vie des esclaves n'a jamais été définie par leur déshumanisation aux mains des colonialistes, mais, au contraire, par leur propre résilience, leur engagement et leur solidarité.