"C'est le froid qui réveilla Garin. La campagne autour d'eux était toute blanche. La tête sur son baluchon de toile, enveloppé dans sa cape, il n'arrivait pas à aller souffler sur le feu. Un cri le tira de sa douce apathie. Près de l'autre feu, les deux poings pressés contre la bouche, Marion pleurait. Garin enjamba les corps allongés pour aller voir là-bas. Il reconnaissait le manche de bois brun de son poinçon... et ce poinçon était planté dans la poitrine d'un homme, en plein centre d'une tache rouge qui s'étalait traîtreusement. Son poinçon à lui ! Son premier mouvement fut de se précipiter sur l'homme pour récupérer l'objet. Mais Drouet retint son geste." Garin Trousseboeuf, le scribe, croise un jour sur son chemin un groupe de pèlerins qui se rendent à Saint Jacques de Compostelle. Ils viennent d'enterrer un de leurs compagnons, assassiné la nuit précédente. Craignant de ne rester qu'à treize, le groupe supplie Garin de faire route avec eux. Garin accepte, voyant là le moyen de gagner un peu d'argent en rédigeant leur testament. Mais un matin, un autre pèlerin est retrouvé mort à son tour, avec le poinçon du scribe planté dans le coeur. Voici Garin soupçonné et bientôt condamné à les suivre, enchaîné. Cependant d'autres crimes surviennent. Quelle terrible malédiction s'acharne ainsi sur les pèlerins de Saint Jacques ?