La bataille de Waterloo approche et l'Europe retient son souffle. À l'écart du théâtre des opérations, un petit groupe de gentilshommes se jette à l'assaut du succès personnel et du bonheur. Avec une ironie corrosive, Thackeray nous donne à voir la mesquinerie et la bêtise qui se dissimulent derrière les manières de la haute société du temps.Un étonnant portrait de femme se dégage au milieu de cette chorégraphie, celui de Becky Sharp, orpheline désargentée qui compense en talent et en ruse les titres qui lui font défaut. Véritable self-made-woman avant l'heure, à la fois impitoyable et irrésistible, elle ne reculera devant aucune extrémité pour garantir sa fortune.Paru en 1848, La Foire aux Vanités est un prodigieux roman satirique, qui frappe par sa justesse de caractère, assurant la postérité de Thackeray aux côtés de Dickens. C'est aussi un roman philosophique qui pose une question morale essentielle : peut-on faire autrement, pour se hisser au sommet de la société, que de bafouer les principes dont elle se réclame ?
Notes Biographiques :
William Makepeace Thackeray (1811, Calcutta - 1863, Londres) est l'un des romanciers britanniques les plus importants de l'époque victorienne. Connu pour ses oeuvres satiriques ayant pour cible la classe moyenne britannique, il est l'auteur, entre autres, des Mémoires de Barry Lyndon (adapté par Stanley Kubrick) et de Vanity Fair, l'un des romans-phares de la littérature anglaise. Sa capacité d'observation des comportements sociaux sert une satire des moeurs de la société britannique. Mais la morale que Thackeray cherche à tirer de ses observations ressemble étrangement à la morale catholique : "tout n'est que vanité". Thackeray prêche l'humilité, le travail sans en attendre de récompense, la tolérance, l'amour des autres... Tout cela s'intègre parfaitement à l'époque victorienne et y trouve un grand écho. Thackeray refuse de voir dans les individus qu'il observe des produits d'un système socio-politique. Il refuse tout autant, bloqué par son puritanisme, de parler des aspects sordides de l'existence humaine. C'est pour toutes ces raisons que Charles Dickens et lui furent opposés, autant dans leur oeuvre que dans leurs idées.