On sait que Baudelaire fut de ceux qui, cherchant toujours leur part d'absolu, se laissèrent tenter par la promesse d'ivresses nouvelles. En lisant la prose poétique qui nous restitue ces visions de haschisch et d'opium, on ne peut qu'être envoûtés à notre tour. La beauté de cette prose tient du rêve ; elle a quelque chose de composite et de bizarre : le poète oscille entre le récit et l'essai, l'analyse et la traduction. Il trouve en effet certaines de ces visions dans les écrits autobiographiques de Thomas de Quincey auxquels est consacrée la deuxième partie des Paradis artificiels. Mais il ne faut pas que ces paradis entrevus demeurent artificiels, ils doivent prendre corps au sein de la création ; pour cela, le poète doit instaurer un équilibre en maîtrisant son rêve. La seule drogue qui mérite qu'on se damne pour elle, c'est la Poésie.Ce volume contient aussi : La Pipe d'opium, Le Hachich et Le Club des Hachichins de Théophile Gautier.
Notes Biographiques :
Né à Paris en 1821, Charles Baudelaire publie ses premiers poèmes intitulés Les Fleurs du Mal en 1855 dans la Revue des Deux Mondes. C'est en 1857 que paraît le volume. La même année l'auteur et son éditeur sont condamnés à des amendes et à la suppression de six poèmes. La deuxième édition ne paraîtra qu'en 1861, six ans avant la mort du poète.