Dans un chantier naval en ruine, en proie à la rouille et à la décrépitude, l’ancien patron, son bras droit, Larsen, et deux ouvriers, viennent tous les jours faire semblant de travailler, pour rien, ou plutôt pour tenter de se persuader eux-mêmes qu’ils existent, qu’ils sont utiles, que l’on peut espérer de l’existence des satisfactions tangibles, alors qu’il n’y a rien d’autre à attendre que la lente et irréversible dégradation qui précède le néant… « Larsen, le héros du Chantier, surprendra-t-il le lecteur européen? On peut imaginer, au contraire que celui-ci découvrira dans ce personnage “un air de famille”. Larsen ne nous est pas inconnu… Il a des cousins, sur le vieux continent, qui pourraient s’appeler Meursault ou Roquentin… C’est le roman d’une sorte de mensonge existentiel. Ces hommes, d’ailleurs, détruisent tout ce qu’ils voudraient sauver ». M-P Fouchet