Le mouvement COBRA - nom inventé par l'écrivain belge Christian Dotremont à partir des premières lettres de COpenhague, BRuxelles et Amsterdam - fut lancé dans les années qui suivirent la Deuxième Guerre mondiale par des écrivains belges, des artistes danois (Asger Jorn), néerlandais (Karel Appel, Anton Nieuwenhuys Constant, Guillaume Corneille), rejoints par des artistes belges (Pierre Alechinsky, Pol Bury). Tous souhaitent l'avènement d'une société nouvelle, dans laquelle un art entièrement neuf trouverait sa place. Rebelles à toute forme d'autorité, aussi bien dans la société que dans l'art, ils tiraient volontiers leurs exemples des cultures dites "primitives", de l'art de l'enfant ou de celui des malades mentaux. Leur souci premier était de s'affranchir des contraintes des traditions établies, et de parvenir à une expression parfaitement spontanée, dans quelque domaine que ce soit. L'auteur a pu consulter de très nombreux documents, s'entretenir avec les acteurs et les témoins de cette aventure artistique et mener avec eux une abondante correspondance. Elle ne se contente pas d'analyser les oeuvres des artistes de ce mouvement, mettant aussi en lumière leur engagement marqué dans la société de l'après-guerre.