Émile est-il un roman d'apprentissage, un manifeste pédagogique ou un traité philosophique ? Sans doute un peu des trois, et certainement l'une des euvres clés des Lumières, qui fit scandale en 1762. En effet, Rousseau y fait l'éloge d'un projet éducatif novateur, moins dépendant de la religion et plus respectueux du développement naturel de l'enfant. Dans la lignée des grands humanistes, il se montre en avance sur son temps, et ses leçons essentielles inspireront les pédagogues modernes.
Notes Biographiques :
1712 - 1778. Orphelin de mère, abandonné à dix ans par son père, il poursuit son éducation en autodidacte. Accueilli par Mme de Warens, précepteur chez M. de Mably, il souffre néanmoins de solitude et se sent rejeté et calomnié. Sur cette expérience - celle d'un sujet à l'écoute de sa conscience intérieure - repose sa philosophie. Il poursuit dès lors dans la quête de soi-même le secret d'un bonheur « naturel » et de la compréhension entre les hommes. Les maux dont ceux-ci sont atteints relèvent, selon lui, des formes de leur communication et de leur organisation politique (Essai sur l'origine des langues). À partir de là, il procède par une critique des fondements d'une société corruptrice (Discours sur les sciences et les arts ; Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes; Lettre à d'Alembert sur les spectacles, 1758) et expose ses principes éthiques sur la vie publique et privée dans des oeuvres philosophiques (Du contrat social, Émile), romanesque (Julie ou la nouvelle Héloïse), et autobiographiques (Rêveries du promeneur solitaire, 1782 ; Confessions, 1782 - 1789).