Les polémiques à propos des sondages suivent de près les échéances électorales. En 2002, les sondeurs sont accusés de ne pas avoir prévu le "coup de tonnerre" du 21 avril. En avait-il les moyens? En 2005, ce sont pourtant eux qui révèlent aux élites la probable victoire du non alors même que tous les grands médias et tous les grands partis prônent le oui. Leur en a-t-on fait crédit? En 2011, un sondeur place Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour l'élection de 2012 et suscite un tollé. Comment a été fabriqué ce sondage? Denis Pingaud détaille et explique. On accuse les sondeurs de trafiquer les chiffres? Voici comment l'on "redresse" les chiffres bruts avant leur publication. On les accuse de méthodologies douteuses? Voici l'état des techniques dans les usines à comprendre l'opinion. On les accuse encore, eux et les médias ou les politiques, de multiplier les enquêtes au risque de brouiller la politique? Voici la vérité sur leurs rapports quotidiens. Les sondeurs, souvent trop crispés sur leur magistère d'opinion, protègent à tort leurs "secrets de fabrication" qui suscitent pourtant de légitimes interrogations dans une société désormais travaillée par l'exigence démocratique de transparence. Pour ne plus être réduits à de simples manipulateurs de chiffres, ils doivent accepter la discussion publique sur les risques d'instrumentalisation de leur expertise et ainsi permettre de définir, enfin, les règles d'une démocratie d'opinion mature.