La narratrice a rencontré une femme. Elle l'a immédiatement aimée. Elle n'a jamais aimé comme ça, dans le bonheur. Elles étaient deux. Et maintenant ? Elle est seule. Dévastée par le chagrin après que sa compagne l'a quittée, elle ne comprend pas cet abandon. L'absence est alors magnifiée par le souvenir des moments partagés, car le corps a sa mémoire, qui se remémore la douceur inouïe du lien désormais dissolu. Dès lors, la narratrice s'interroge : d'où ça vient une douceur pareille ? D'où ça vient, qu'est-ce que ça dit, qu'est-ce que ça fait au corps, comment ça parle ? Et, s'adressant à celle qui l'a quittée, elle lui redessine cette voluptueuse douceur comme on parle à quelqu'un qui n'est plus : « Après l'amour, devant le miroir, tu posais ta main sur son ventre, et tu disais, c'est beau, regarde comme on est belles. Tu le pensais. Tu n'as jamais pensé cela auparavant. Jamais tu ne t'es regardée après l'amour, jamais tu n'as ressenti cette commotion.». Ce roman, histoire d'une rupture entre deux femmes est celui du retour sur soi.