Dans cet ouvrage, Elfriede Jelinek, romancière et dramaturge autrichienne, s'entretient avec Christine Lecerf. Sur un ton drôle et poignant, elle dresse un portrait d'elle-même étonnant : celui d'une guerrière ailée, d'une femme qui ose lutter avec la seule force de son style, bravant l'histoire, la société, les hommes, la culture et la langue. Il est question de tout : du paysage de l'enfance, des charniers de l'histoire et des membres de sa famille tués dans les camps, de ses origines juive et allemande, tchèque et balkanique, de sa peur panique de la rue, du corps qu'elle a abandonné, de la langue qui ne lui appartient pas, des citations masculines qu'elle intervertit, du rythme de sa phrase, de la transe des mots. De son oeuvre et de littérature il est également question, de la musique qu'elle compose à l'écart, où sa langue l'a entraînée et où elle entend bien rester, de la subversion de la phrase et de la vie des mots. Car, Elfriede Jelinek est avant tout une virtuose dans l'art de faire avouer à la langue ce qu'elle tait.