Loin du théoricien sec et sérieux des Figures et de Poétique, on découvre un Gérard Genette inattendu. Cet homme est plein d'humour, il sait regarder son passé avec tendresse, lucidité, et une ironie décapante. Bardadrac, c'est un néologisme employé par une de ses amies pour désigner le fouillis qui serait propre au sac à main des femmes. Autant dire qu'on trouve de tout dans ce livre : réflexions sur la société contemporaine, ses discours, ses stéréotypes ; souvenirs d'enfance, d'adolescence, et d'une jeunesse notamment marquée par le compagnonnage avec le parti Communiste ; évocation de quelques grandes figures intellectuelles et universitaire des années 60 et 70, en particulier Roland Barthes dont il est souvent question ; considérations sur la littérature et sur le langage (notamment la série des «médialectes», éclairage corrosive du vocabulaire des médias) ; chapelet de souvenirs à la Perec ; femmes, amis et collègues qui ont jalonné une vie. Le tout se présente comme un abécédaire, à la croisée du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, des Mythologies de Roland Barthes et du Je me souviens de Perec. Une lecture tendre, caustique et revigorante.